Jean d'Aillon

Découvrons Jean d'Aillon, auteur entre autres de la série Louis Fronsac :

TasteofBook : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Jean d'Aillon : Soixante et un ans, une formation universitaire, deux thèses d’Etat, une carrière dans l’administration des Finances où je me suis occupé de statistique, de macro-économie puis d’informatique et d’intelligence artificielle ; des détachements à l’université et un travail pour la Commission européenne dans le cadre de programmes de recherche. J’ai démissionné il y a deux ans à la fois en désaccord avec le fonctionnement de mon administration, et ensuite pour pouvoir me consacrer à l’écriture à temps complet

ToB : Un de nos lecteurs a particulièrement aimé "le mystère de la chambre bleue". Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Jean d'Aillon :  C’est le premier roman que j’ai écrit, il y a une quinzaine d’années. À l’époque il a été refusé par tous les éditeurs à qui je l’avais proposé, mais maintenant c’est le plus vendu, avec environ cinquante mille exemplaires toutes éditions confondues. J’y faisais apparaître un personnage que l’on retrouve désormais dans une dizaine de romans : Louis Fronsac.

ToB : Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire un livre sur cette époque ?

Jean d'Aillon :  J’écrivais des livres et des articles scientifiques et j’avais envie de savoir si j’étais capable d’écrire un roman. L’idée d’un roman historique est venue assez naturellement, car c’est un genre qui a nourri ma jeunesse avec Conan Doyle, Dumas, Zevaco, Paul Féval, la baronne Orzy, Amédée Achard, Walter Scott, Sabatini … et bien d’autres. Mais comme je suis amateur de romans policier ou d’intrigues criminelles, je me suis tourné vers le « policier historique ».

ToB : Quel est le livre dont vous êtes le plus fier ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Jean d'Aillon :  Je crois que c’est toujours le dernier, mais c’est vrai que certains livres demandent plus de travail, surtout s’ils sont longs. A cet égard la trilogie qui vient de paraître : la Guerre des trois Henri, avec un total de près de deux mille pages, m’a demandé deux ans de travail et de recherche.

ToB :  Y a-t-il un auteur que vous considérez comme modèle ?

Jean d'Aillon :  Je n’ai pas de modèle, mais j’apprécie particulièrement les auteurs cités plus haut : Conan Doyle dans ses romans historiques (la /Compagnie blanche/, par exemple). Dumas, bien sûr, Zevaco, la baronne Orzy avec le Mouron rouge (que j’ai repris l’idée dans /le duc d’Otrante et les compagnons du soleil/ !) ou encore Amédée Achard (/Belle Rose/ et les /Chevauchées de M. de la Guerche/). Walter Scott (dont les personnages d’Ivanhoé reviennent dans une nouvelle série de romans à paraître), Raphael Sabatini (Capitaine Blood, Scaramouche). Dans les auteurs « modernes », je lis Alexander Kent (chez Phébus), Ken Follet, Lee Child, David Morell, Richard Preston, Nelson DeMille et David Baldacci. Chez les auteurs français ce sont surtout les historiens comme J.C. Petitfils (Magnifique Louis XIII récent), S. Bertière (Superbe Mazarin).

ToB : Quel est le livre que vous auriez aimé avoir écrit ?

Jean d'Aillon :  Salut aux coureurs d’aventures, de John Buchan, et Shane de Jack Schaefer, un court ouvrage d’une densité inouie.

ToB : Quel est votre dernier livre. Pouvez-vous nous le présenter ?

Jean d'Aillon :  J’avais depuis longtemps envie de traiter des guerres de religion (bien que j’ai déjà écrit /Nostradamus et le dragon de Raphaël/, qui se situe au début de ces guerres.). J’ai retenu la période de la Ligue, période passionnante, car on assiste à une révolution populaire où la bourgeoisie prend le pouvoir et chasse le roi. Mais, comme pour la Fronde, plus tard, cette révolution échouera. A travers la vie de quelques personnages (certains ayant existé, et d’autres imaginaires) qui sont mêlés à des histoires criminelles, je raconte l’arrivée au pouvoir de Henri d’Henri IV – c’est la guerre des trois Henri, les deux autres Henri étant le duc de Guise et Henri III. Le principal héros est un jeune homme, Olivier Hauteville, simple clerc, qui deviendra chevalier et un familier d’Henri IV.

Chaque roman peut se lire de façon séparée. Les rapines du duc de Guise traitent d’une fraude sur les tailles ; la Guerre des amoureuses d’un complot contre Henri de Navarre ; et la ville qui n’aimait pas son roi de l’assassinat d’Henri III.

ToB : A quel public s'adresse-t-il ?

Jean d'Aillon :  Mes romans sont toujours tout public. J’ai rencontré mon plus jeune lecteur à un salon : 9 ans, et mon plus âge, plus de 90 ans, les fait acheter par ses enfants.

ToB : Allez-vous écrire un nouveau livre ?

Jean d'Aillon : J’ai toujours plusieurs romans « en chantier », à des niveaux divers d’avancement. Ainsi, en ce moment je travaille sur une nouvelle série qui se déroulera sous le règne de Philippe Auguste. Le tome 1 s’intitule /Marseille, 1198/, et le tome II /Paris, 1199/. Il est possible qu’il y ai un troisième volume : /Londres, 1200/, et que la série se poursuive sur la totalité du règne de Philippe Auguste. Y apparaîtront des personnages historiques et des personnages romanesques comme Robert de Locksley (Robin des Bois). Cette série devrait sortir en 2010 dans une grande collection de poche, en inédit.

J’ai par ailleurs terminée une nouvelle histoire de Louis Fronsac : /le Secret de l’enclos du Temple/, qui fait suite à un titre qui doit sortir en février 2010 chez J.C. Lattès : /l’Homme aux rubans noirs/, et j’ai commencé /la Malédiction de la Galigaï/, ainsi que la suite des /Ferrets de la reine/, intitulé : /le Collège fantôme/.

A plus long terme je poursuivrai la guerre des trois Henri.

ToB : Où puisez-vous votre inspiration ?

Jean d'Aillon : Partout, mais surtout dans les mémoires d’époque. L’histoire a de nombreux avantages. On y découvre souvent des anecdotes invraisemblable (mais pourtant vraies !) et il n’est pas nécessaire de faire de grands efforts d’imagination. Je découvre chaque jour des histoires ou des personnages qu’aucun romancier n’aurait osé inventer !

ToB : Tout auteur souhaite se faire connaître. Comment faites-vous pour  faire découvrir vos livres ?

Jean d'Aillon : Des moyens très traditionnels : salons de livres (j’en fait cinq ou six par ans), dédicaces en librairie, blog et site internet, Facebook. Mon éditeur fait des services de presse. Je compte aussi beaucoup sur mes lecteurs (bouche à oreille), ou à travers leurs blogs, et enfin les sites de lecture comme le vôtre.

ToB : Quelle est votre actualité en ce moment ?

Jean d'Aillon : Pour l’automne hiver, plusieurs salons (Saint-Etienne, Brive, Toulon, Villeneuve les Avignon, Marseille, Roquebrune, et bien sûr de l’écriture. Au premier semestre 2010, deux livres chez JC. Lattès : /l’Homme aux rubans noirs/ (700 pages) et /Juliette et les Cézanne/, un récit durant la seconde guerre mondiale. En principe, aussi, les deux ouvrages en poche que j’ai cités plus haut : /Marseille, 1198/, et le tome II /Paris, 1199./

ToB :  Vous nous avez mis l'eau à la bouche. Où nos lecteurs peuvent-ils se procurer vos livres ?

Jean d'Aillon : Dans toutes les librairies, aucun n’est épuisé, car ils sont régulièrement réédités. Dans la plupart des bibliothèques. En club aussi : France Loisirs et le Grand Livre du mois. Et quelques traductions : espagnol, russe et tchèque.

ToB :  Y a-t-il un autre point que vous souhaiteriez ajouter ?

Jean d'Aillon :  Pouvoir continuer !

ToB : Merci beaucoup pour cette interview, et "bonne continuation alors".

Nationalité: 
Français
Sources: 
Interview d'Août 2009