Sege Vacher a grandi dans le village de Larue, blotti au creux d’une vallée entre Haute-Vienne, Corrèze et Creuse, au pied des Monédières, premier massif montagneux du Sud.
Instituteur depuis 30 ans, il voue une passion sans bornes pour le roman policier, depuis la lecture de son premier "San Antonio" à 13 ans.
Ardent défenseur de ce genre littéraire, il a créé en 1996 l'association "La vache qui lit", dont le but est la promotion de la littérature policière.
Il a accepté de répondre à nos questions.
TasteofBook : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
Serge Vacher : Bon : Je m'appelle donc Serge Vacher et j'ai grandi dans un tout petit hameau au coeur du Limousin, entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Puis le lycée à Egletons d'où je suis sorti sans vraiment savoir ce que je voulais faire, mais sûr de ne jamais m'occuper de béton armé. J'ai passé le concours d'entrée à l'école normale d'instituteurs, à l'époque où c'était encore possible, et me voilà inst ("prof d'école" maintenant) depuis plus de trente ans.
ToB :Vous êtes un passionné de polars. Comment décririez-vous ce genre si particulier ?
SV : Mon premier coup de coeur polar date d'un repos forcé d'une dizaine de jours à l'hôpital, j'avais treize, quatorze ans. Au bout du deuxième jour, ma maman, une sainte, m'a mis entre les mains un bouquin du Fleuve Noir : Bas les pattes de San-Antonio. Je n'ai eu de cesse de me procurer la suite des enquêtes du célèbre commaissaire. Puis ont succédé Poirot, Maigret, et enfin, la Série Noire. En fait, le polar m'a réconcilié avec la littérature. Comme je le dis plus haut, mon enfance et une partie de mon adolescence sont encrées dans le monde rural. Rien ne m'amenait à la lecture/écriture. Le roman policier, criminel, thriller, bref le polar est un genre populaire qui trouve sa source et son inspiration au coeur du monde qui nous entoure. Encore maintenant, où il a su, aux dires de tous les critiques, "trouver ses lettres de noblesse", j'éprouve un grand plaisir à plonger dans les bas-fonds, dans les marais glauques, les ruelles sombres, les routes sans fin, les cités grises, aux côtés des flics, petits malfrats, vieux déjantés, qui vivent leur vie à l'excès. Je me dis que si j'avais du talent, c'est ça que j'écrirais, parce que ça correspond souvent à l'idée que je me fais de la société dans laquelle je vis.
ToB :Votre passion vous a amené à créer "La vache qui lit", fanzine spécialisé dans le polar. Vous venez de faire paraître le 100° numéro. Félicitations ! Pourriez-vous nous en parler ?
SV : Au cours de ma vie professionnelle, j'ai eu l'occasion de participer à une université d'été, au Centre International d'Etudes Pédagogiques (CIEP), à Sevres, dont le thème était : utilisation du roman policier en pédagogie. Ce colloque était dirigé par Michel Lebrun, aujourd'hui disparu. C'est là que j'ai rencontré les grands noms du polar actuel : J. Jacques Reboux, Michel Quint, François Guérif. De là, j'ai participé à l'assemblée générale d'une assoce : 813, les amis de la littérature policère, au Mans. D'autres rencontres ... Je me suis dit que je pouvais, au niveau local, monter une association dont le but serait de promouvoir le genre. D'un autre côté, dans notre petit patelin, à Domps, il y a une vingtaine d'années, les copains et moi, nous avons organisé, pendant une dizaine d'année, un festival rock : La Vache Qui Rock. Mais, le rock, pour un quadra, ça devient fatiguant, à force. Plutôt que de faire du rock, la Vache s'est mise à lire ... Et voilà.
ToB :Nos lecteurs sont répartis sur tout le territoire. Comment peuvent-ils accéder à "La vache qui lit" ?
SV : Il suffit de s'abonner pour la somme de 10 €. D'autre part, ils peuvent avoir de nos nouvelles dans quelques sites, quelques magazines ou fanzines branchés polar. Notre adresse internet : serge.vacher@wanadoo.fr. Notre adresse courrier : 8, rue Galliéni 87100 LIMOGES. Voilà.
ToB :Vous avez deux gagné deux prix littéraires : le Concours de la nouvelle policière de Bergerac et le Concours de la nouvelle policière autour de la Collection ‘Points-Seuil’. C'est une belle reconnaissance. Pourriez-vous nous en parler, et nous faire découvrir les livres qui vous ont permis de les obtenir ?
SV : Ici, je dois faire une petite rectification. Je n'ai pas "gagné" ces deux concours. J'ai été primé. Pour Bergerac, j'ai fini troisième avec une texte qui est paru à l'époque dans une publication éditée par la ville : c'était une nouvelle de quelques feuillets : La Poisse. Pour la collection Seuil, le texte que j'avais soumis à la lecture était bien plus ambitieux. Ca s'appelait Les malgagnants. Ca racontait l'histoire d'une équipe de bûcherons turcs en Haute-Vienne. Ce texte là m'a rapporté la nouvième place dans un concours qui comptait près de 1500 candidats ! J'y ai gagné la collection complète des Seuil-Policier. Je suis très fier de ce résultat, même si je n'ai dans aucun des cas, obtenu la première place (sourire).
ToB :Je viens de lire "Les coutures", du nom du quartier de Limoges proche de la gare. A travers le destin de quelques personnages, c'est tout un pan de l'histoire de ces quartiers ouvriers que vous tracez. Construits pendant l'âge d'or de l'emploi de masse, quel avenir a la jeunesse actuelle à l'heure des fermetures d'usines et des délocalisations. Peut-on classer ce livre dans la catégorie des polars ?
SV : Le genre littérature criminelle comporte plusieurs "sous-genres" dans lesquels compte le roman d'énigme (Hercule Poirot), le suspense (Boileau-Narcejac), le thriller (Maxime Chatam),etc. Une place également est donnée au roman noir, social, directement issu d'écrivains comme Emile Zola, Victor Hugo, ou avant, Eugene Sue. Maintenant, Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal, en France, revendiquent cette appartenance au roman noir. Il me semble que Les Coutures a sa place dans le roman noir.
ToB :D'autres projets littéraires ?
SV : Mes activités littéraires sont assez décousues. Ma profession me prend beaucoup de temps. Mais je trouve toujours un petit moment pour écrire. Est-ce que ça aboutira à quelquechose ? Je n'en sais rien ...
ToB : Y a-t-il un autre point que vous souhaiteriez ajouter ?
SV : Je tiens à vous remercier pour la place que vous me donnez. D'autres rendez-vous sont prévus pour l'année prochaine sur le polar. Notamment une journée polareux limousins. On verra ... Merci à vous.
ToB :Merci beaucoup, et tenez-nous au courant de vos nouvelles parutions.
Pour en savoir plus : sa présentation sur le site des éditions Nykta
