Olivier Collard

Entre la Corse et le Limousin, Olivier Collard se définit volontiers comme un petit auteur de foires. Fortement ancrés dans le(s) terroir(s), ses livres sentent bon la nepita, le figatellu et le brocciu passu. Et aussi les galetous et les grillons de chez Brugeaud.

 

 

   TasteofBook : Bonjour, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Avec plaisir ! J'ai 42 ans, je suis conseiller à l'emploi. A temps "décroissant", car l'écriture a une fâcheuse propension à me dévoyer de ma mission de service public. Si c'est pas malheureux...

    ToB : Quel est votre dernier livre. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Mon dernier livre s'intitule "Le ministre". Il met en scène un jeune africain de bonne famille qui vient en France faire "papier longuet" (autrement dit poursuivre des études supérieures). Et qui ne se fait pas vergogne de prendre racine...

    ToB :  A quel public s'adresse-t-il ?

A tout public à partir de 10/12 ans. Vous seriez surpris de voir le nombre de braves Sarkozystes à qui je l'ai dédicacé.

    ToB :  Comment vous est venue l'idée d'écrire ce livre ?

En prenant connaissance des drames récurrents provoqués par la traque aux sans papiers. Je me suis demandé comment on pouvait au nom du droit pousser des gens au désespoir ultime. Et puis il me plait à penser qu'au fond de lui-même, le flic le plus facho ne se retrouve pas dans un métier qui sert désormais la politique du chiffre. Le manque de sens, c'est ça qui fait de chacun de nous de vieux anars en puissance.

    ToB :  Quel est le livre dont vous êtes le plus fier ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Mes bébés sont tous très différents, mais dans la façon dont je m'en occupe, je m'efforce de ne pas faire de différence. Mon petit polar Limousin, par exemple, m'a donné pas mal de fil à retordre au niveau de sa diffusion. Et je suis particulièrement fier de l'avoir mené au retirage. Comme les autres, dont l'aîné va sur son 5ème retirage. Et le petit dernier, qui traite d'un sujet que mes confrères ont soigneusement évité, en prend le  chemin !

    ToB :  Allez-vous écrire un nouveau livre ?

Je suis en train mais ça n'avance pas bien vite. Et puis vous savez, la saison des tongs n'est pas vraiment propice à l'écriture. La diffusion des ouvrages, par exemple, mobilise une bonne part de mon énergie. C'est radicaleùment incompatible avec l'écriture, que je conçois comme une activité exclusive. Une activité qui n'est viable que si de temps en temps je gére le retour sur investissement. Un sacrifice, plus qu'un investissement. Alors oui, je vais bientôt écrire un nouveau livre. Mais comme je le dis à chaque fois, ça sera le dernier !

    ToB :  Où puisez-vous votre inspiration ?

Minot, j'aimais beaucoup construire des cabanes dans la forêt. Et j'arrivais toujours à me débrouiller avec les matériaux les plus proches, ceux qui étaient à portée de main. Inventer une histoire, c'est comme un rêve d'enfant. On n'invente pas vraiment, mais on prend tout ce qui nous tombe sous la main, et on lui donne une nouvelle vie. On redécouvre les choses, on les réinvente. Pour mieux les extérioriser, les oublier peut-être. Au début, ça n'a rien de sensationnel. On reconnaît cette vielle palette, ces quelques branches tenues par un bout de ficelle de derrière les fagots. Non, ça n'est vraiement pas grand chose. Mais avec un peu d'imagination... Et l'alchimie de l'écriture fait le reste.

    ToB :  Tout auteur souhaite se faire connaître. Comment faites-vous pour faire découvrir votre livre ?

Chercher à me faire connaître ? Et pour quelle raison, au juste ? Pour faire comme tous ces écrivants qui tueraient père et mère pour avoir leur photo dans le journal ?
De temps à autre quelques lecteurs m'envoient des mots d'encouragement, et ça me suffit amplement.
Franchement, le vedettariat, je laisse ça à d'autres. Ils le font tellement mieux que moi. Pendant que les cabots en tous genre s'en vont se montrer sur les salons du livre, de mon côté, je m'en vais battre la campagne. Pour dire les choses telles qu'elles sont, je préfère vendre mes livres au cul des vaches plutôt que d'aller jouer à l'écrivain. En plus, le fait de prendre la tangeante me permet de privilégier des relations personnalisées avec mes lecteurs.

    ToB : Quelle est votre actualité en ce moment ?

En ce moment, je sillone la corse pour faire les foires artisanales. J'aime traverser ces paysages grandioses comme l'Alta Rocca ou l'Agriate, et parfois je profite de ces moments de solitude pour écrire quelques bribes au détour d'une vicinale. Je glanne de la matière, mais je n'ai pas le temps de lui donner forme. Mais après tout qu'importe : l'hiver sera bien assez long. Pour l'instant, je profite : rien ne remplace le contact direct avec le lecteur.

    ToB :  Vous nous avez mis l'eau à la bouche. Où nos lecteurs  peuvent-ils se procurer vos livres ?

J'ai environ 60 points de vente sur la Corse et 16 en Limousin. Sinon, les lecteurs peuvent commander sur polar.collard@free.fr

    ToB : Y a-t-il un autre point que vous souhaiteriez ajouter ?

J'aime beaucoup le Patrimonio blanc avec un bon Venacais. De chez Loefgen, le Venacais. Et pour le Patrimonio je me sers du côté de Poghju d'Oletta.

    ToB : Merci beaucoup, et tenez-nous au courant de vos nouvelles parutions.

A bientôt Jean-Pierre. Et merci pour votre implication dans l'académie des ânes. C'est vraiment un excellent souvenir !

Nationalité: 
Français
Sources: 
Olivier Collard